The Americans, The Americans, The Americans, autrement dit, la perfection.
Une série qui m’avait fortement happé dès lors que le synopsis est apparu sous mes yeux.
Série se déroulant durant la guerre froide, où 2 agents du KGB, Elizabeth & Philip, vont vivre aux États-Unis comme des citoyens lambda, avec une couverture infranchissable : un métier crédible, une maison anodine, 2 enfants, et un anglais parfaitement maîtrisé sans accent. Comment dire que, pour se douter de leurs intentions, c'est impossible au vu de la couverture si parfaite.
L’épisode d’introduction définit les bases comme il le faut, sans trop en faire, mais en mettant la barre déjà très haute. La saison 1 est dans la continuité de celui-ci, c’est brillant, prenant, on construit l’ensemble petit à petit et on devient de plus en plus accro à cet univers. Un univers dont on pourrait laisser sous-entendre, au vu du synopsis, qu’il s'agit d'une série remplie d’action, très guerrière avec beaucoup de sournoiserie et de missions, ainsi que des meurtres à tout-va. Mais non !!
La série est bien plus maligne que ça. Elle arrive à trouver le parfait équilibre entre le côté professionnel, espionnage, et le côté familial de nos 2 protagonistes, un peu à l’image de Philip & Elizabeth qui arrivent parfaitement à gérer cet équilibre entre vie professionnelle et vie faussement personnelle.
La série arrive à innover, et raconter de multiples choses, beaucoup d’aspects sur la guerre froide que l’on peut ne pas soupçonner, je pense notamment aux céréales. La série ne tombe jamais dans la répétition et c’est ce qui fait sa force. Mais la principale force de la série découle aussi sur d’autres sujets qui sont importants à mes yeux et qui sont présents dans The Americans, sans jamais faire de remplissage. La série parvient constamment à proposer quelque chose d’intéressant, d’utile et de prenant, sans que cela passe pour « ils ont fait ça pour boucher les trous de la saison ». Non, chaque chose a son importance, et chaque sujet va être parfaitement traité.
Le non-remplissage va également rimer avec un autre critère que je trouve important : la non-répétition des dialogues, plus communément appelée la surexplication pour les personnes ne pouvant pas être attentives. La série s’en fout que tu ne comprennes pas ce que tu vois devant toi. Il y a certes beaucoup d’intrigues, de noms, d’enjeux, d’espions et de dialogues à retenir pour saisir l’importance de certains événements, de certaines répliques, mais si tu n’écoutes pas ou si tu es sur ton tel, alors tant pis pour toi et tu passeras à côté. En revanche, si tu suis correctement et que tu saisis l’importance de ce qu’il se passe, JACKPOT, tu vas adorer.
Je parlais plus tôt de la principale force de la série sur la non-répétition des propos. Mais bien entendu que LA force de la série réside dans notre duo, Elizabeth & Philip. Un duo devenu au fil du temps iconique à mes yeux. Un duo touchant sur de nombreux aspects, où en apparence tout les unit, mais lorsqu’on creuse un peu, certains aspects se détachent. À mes yeux, c’est le meilleur duo que j’ai pu voir, et c’est en grande partie dû à l’écriture des personnages et de leurs comportements vis-à-vis des missions, de leurs enfants et de leur vie en société. Mais c’est aussi surtout grâce au casting exceptionnel que la série nous a offert.
Matthew Rhys dans le rôle de Philip Jennings est époustouflant, brillamment joué et il est vraiment impressionnant à de nombreuses reprises tant il est juste. L’écriture de celui-ci est extraordinaire, tant sur le passé que sur le présent. Sa vie et ses moments d’apparition nous chamboulent plus d’une fois, nous mettent en joie, et nous attachent à lui sans pour autant le quitter à la fin de la série. Je repense à des scènes où il erre tout seul, mais également à des scènes de danse dans ce bar country que j’ai adorées. Sa conclusion est juste parfaite, nous laissant la gorge nouée.
Keri Russell dans le rôle d’Elizabeth Jennings est un peu la star de la série, tant son personnage brise les codes des séries. Une femme forte, puissante, effrontée, dont rien ne fait peur, portant même ce duo à de nombreuses reprises. Keri Russell est juste phénoménale dans ce rôle, d’un naturel hors du commun et nous surprenant à je ne sais combien de reprises.
Le dernier personnage que je vais présenter, et pas n’importe lequel : Stan Beeman. Interprété par le grand Noah Emmerich, Stan Beeman parvient à être un personnage très touchant, pour qui notre empathie n’a plus de limite. Lui qui est agent du FBI au contre-espionnage, mais également voisin d’Elizabeth et de Philip. Je n’ai pas besoin de faire un dessin sur la tension qui va avoir lieu durant la série et cela dès la première saison.
Après avoir cité nos 3 personnages qui forgeront la série et l’emmèneront plus haut que jamais, il est important pour moi de parler, du moins de citer quelques personnages forts et importants de la série que j’ai trouvés brillamment écrits et joués. Paige, fille de Philip et Elizabeth, qui a une importance majeure dans la série et est un personnage incroyable, nous donnant beaucoup de fil à retordre, pour nous spectateurs. Martha, un personnage de l’ombre qui, pour ma part, a fini en un très gros coup de cœur. Elle m’a beaucoup touché et ému, un très grand personnage, avec une finesse d’écriture hors norme. Oleg Burov, également un personnage de l’ombre, mais qui aura su apporter sa touche et me toucher à certains moments, et son importance dans certains épisodes a absolument tout changé. Henry, fils d’Elizabeth et de Philip, a su me divertir, m’emmener dans son monde. J’ai adoré sa relation avec Philip, et la conclusion du personnage… magnifique.
Nos personnages ne pouvaient pas être aussi bons si l’écriture des dialogues qui les accompagnaient ne l’était pas. Les dialogues, ici, ont une importance cruciale, comme j’ai pu l’expliquer précédemment. Les propos ne vont pas être réitérés, donc il faut être attentif. La profondeur des répliques est tout bonnement excellente et brillante. La série n’hésite pas non plus à communiquer via le silence et les regards, laissant sous-entendre certaines choses bien plus intéressantes quand c’est fait de cette manière. Comme on dit : « un regard vaut bien plus que mille mots », et cette série n’y fait pas exception.
Tout comme la qualité des dialogues, il y a la qualité des sujets traités. Ici, on ne se contente pas de les citer ou de les survoler. Nous sommes plongés dans cette guerre froide, nous comprenons les enjeux et leur importance, que ce soit pour nos personnages, leurs actions, mais aussi pour les pays et le monde lui-même. La série pourrait se contenter de simples actions à suivre, où l’on serait juste divertis, mais non. Ici, on donne un sens aux actions, aux faits et gestes montrés. Cela fait écho à mes propos précédents sur l’absence de remplissage, la diversité des intrigues intéressantes et superbement traitées, et la qualité globale de la série.
La série illustre également parfaitement cette fracture qui existe dans le monde et, plus précisément, entre les USA et l’URSS. Cette fracture pousse nos personnages à mener une vie invivable et à combattre pour obtenir la paix. Elle évolue au fil du temps, que ce soit dans le contexte politique, mais aussi dans la vie personnelle de nos personnages. Je pense notamment à cette danse de Philip dans le country club, qui pourrait être perçue comme un simple moment de divertissement, mais qui, en réalité, signifie bien plus sur l’état actuel des choses.
Pour terminer, abordons quelques grands points que je n’ai pas encore évoqués.
Les saisons. Et je ne parle pas de seulement de deux ou trois saisons, mais bien de toutes. Ici, aucun ennui, là où d’autres séries parviennent à masquer certaines saisons faibles avec quelques bons épisodes, mais qui, avec du recul, se révèlent être des pétards mouillés. Ici, c’est tout l’inverse. Je n’ai pas noté une seule saison en dessous de 4 ❤️. Chacune parvient à se démarquer des autres grâce à la diversité des sujets abordés. La saison d’introduction est parfaite pour une première saison de ce type. La deuxième, qui a moins plu au public, a, selon moi, été injustement jugée, au vu des thèmes qu’elle traite et de ce qu’elle nous montre. La troisième est excellente, tout comme la quatrième, qui atteint un niveau encore supérieur. La cinquième, malheureusement, a été reçue un peu comme la deuxième. Et puis vient la dernière, la cerise sur le gâteau. Le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvres.
Ce qui renforce encore la qualité de ces saisons, c’est leur conclusion. La série ne cherche pas seulement à construire quelque chose sur 12 épisodes pour nous livrer un final explosif et passer ensuite à la saison suivante. NON. Mais il est vrai que chaque conclusion est exceptionnellement bien menée, rythmée, et que le spectateur en prend plein la vue, laissant une trace indélébile.
Mais une série ne peut pas atteindre un tel niveau de qualité sans une excellente réalisation. Et The Americans fait partie des plus belles séries visuellement. Certes, on retrouve beaucoup de champs-contrechamps plutôt académiques, rien d’extravagant, mais il y a énormément d’idées. Certains choix de caméras, certains plans et décors sont somptueux et maîtrisés d’une main de maître, comme on en voit rarement à la télévision. La série parvient à nous faire ressentir exactement ce qu’elle veut, et c’est phénoménal à certains moments. C’est l’une des séries les plus agréables à regarder, qui n’a jamais ce côté « kitsch » que peuvent avoir d’autres séries ou cet aspect simpliste.
Si elle excelle dans la réalisation, elle brille aussi dans l’incrustation des musiques et le montage qu’elle propose. Le nombre de classiques que tout le monde connaît et qui sont un pur plaisir auditif, c’est juste titanesque. Ça a dû coûter très cher, mais qu’est-ce que c’est bon. On passe de U2 à Elton John, mais aussi Phil Collins, Eddie Rabbitt, Dire Straits, Fleetwood Mac et j’en passe.
Le montage qui accompagne ces morceaux est à chaque fois un grand moment de télévision. La série sait sublimer ses classiques comme aucune autre.
Je parlais du montage, et oui, c’est vraiment l’une des plus grandes forces de la série. Il est chirurgical, parfois étouffant, mais tout bonnement excellent, et ça va me manquer.
Enfin bref, je pense que mon avis est désormais donné et qu’il est clair, sans appel, et que personne n’a de doutes : c’est l’une de mes séries préférées, l’une des meilleures qui m’a été donnée à regarder. J’ai déjà un très grand amour pour celle-ci que je ne pourrai expliquer. Pour moi, c’est la deuxième meilleure série, juste derrière Mad Men et devant Better Call Saul (désolé, désolé, désolé). Une série coup de cœur, pour laquelle j’ai accroché de la première seconde à la dernière, sans remettre en doute son potentiel et sans critiquer un seul épisode tant c’était prenant et kiffant.
Désolé, c’était long, mais ça me tenait à cœur de partager un avis sincère, à peu près construit, permettant de donner envie aux lecteurs n’ayant pas regardé la série de la lancer à l’avenir. Cela me permet également de mettre des mots sur mes pensées.
Merci pour tout The Americans, merci à vous si vous avez lu l’entièreté de cette « critique ». Ça va fortement me manquer, mais c’est comme ça, c’est la vie.